Qualiopi & certifications
Qualiopi 2026 : le référentiel passe à 33 indicateurs
Décret du 1er août 2026 : le référentiel Qualiopi passe à 33 indicateurs au 1er novembre. Ce qui change vraiment pour les OF et les CFA, article par article.
Le 4 août 2026, le Journal officiel a publié un texte que la plupart des organismes de formation n'ont pas encore vu passer : le référentiel national qualité, la base même de la certification Qualiopi, change pour la première fois en profondeur depuis sa création en 2019. Sept critères, toujours les mêmes. Mais 33 indicateurs au lieu de 32, à compter du 1er novembre 2026.
Ce n'est pas un ajustement cosmétique de plus dans un secteur habitué aux mises à jour de guides de lecture. C'est un décret, publié au nom du Premier ministre, qui remplace intégralement l'annexe du Code du travail sur laquelle repose votre certification. Et comme souvent avec Qualiopi, le diable est dans les détails : ce texte concerne directement les CFA, laisse pour l'instant tranquilles les organismes de formation continue classiques, et pose une question de calendrier que peu d'acteurs ont encore anticipée.
Ce que dit exactement le décret du 1er août 2026
Le décret n° 2026-728 du 1er août 2026 porte sur le référentiel national sur la qualité des actions concourant au développement des compétences, celui qui sert de socle à Qualiopi depuis le décret de 2019. Il remplace en bloc le tableau des indicateurs annexé au Code du travail, pris en application de l'article L6316-3.
Le texte s'adresse explicitement aux organismes de formation, aux financeurs mentionnés à l'article L6316-1, ainsi qu'aux organismes certificateurs et instances de labellisation. Il a reçu l'avis de la Commission nationale de la négociation collective, de l'emploi et de la formation professionnelle le 8 juillet 2026, et la délibération de France compétences le 15 juillet 2026, avant sa signature le 1er août. Son article 2 est sans ambiguïté : « Le présent décret entre en vigueur le 1er novembre 2026. »
Sur le fond, la structure en sept critères ne bouge pas : information du public, conception des prestations, adaptation aux publics, moyens pédagogiques, qualification des personnels, ancrage dans l'environnement professionnel, prise en compte des réclamations. Ce qui change, c'est l'ajout d'un trente-troisième indicateur, sans renumérotation des 32 existants, et sans réécriture de fond des indicateurs qui composent déjà votre quotidien d'audité.
Un référentiel resté stable depuis 2019, jusqu'à ce texte
Pour mesurer l'ampleur du changement, il faut se souvenir d'où vient ce référentiel. Le décret n° 2019-565 du 6 juin 2019, pris en application de la loi Avenir professionnel du 5 septembre 2018, avait posé les fondations de Qualiopi : sept critères, un socle d'indicateurs communs à toutes les catégories d'action (formation continue, apprentissage, VAE, bilan de compétences), et des indicateurs spécifiques selon le type de prestation. Depuis, les évolutions publiées ont surtout pris la forme de guides de lecture successifs, des documents d'interprétation qui précisent comment les certificateurs doivent apprécier chaque indicateur, sans toucher au texte réglementaire lui-même.
Le décret du 1er août 2026 est d'une autre nature. Il ne s'agit pas d'un guide de lecture supplémentaire mais d'une modification de l'annexe réglementaire elle-même, votée après avis de la Commission nationale de la négociation collective et délibération de France compétences. C'est la première fois depuis la création de Qualiopi que le nombre d'indicateurs change, ce qui en fait un signal à prendre au sérieux, même pour les organismes qui ne sont pas concernés par le contenu précis de ce nouvel indicateur.
L'indicateur 33 : une exigence taillée pour l'apprentissage
Le nouvel indicateur, rattaché au septième critère sur le recueil des appréciations, impose que « le prestataire met en place un dispositif d'évaluation des contenus et des enseignements par les apprenants, distinct du recueil général de satisfaction, dont les résultats sont partagés avec les équipes pédagogiques et donnent lieu à la formalisation d'une démarche d'amélioration continue, dont il mesure périodiquement l'efficacité ».
Traduit en langage opérationnel : une simple enquête de satisfaction en fin de session, du type « avez-vous apprécié la formation », ne suffit plus pour cette catégorie de public. Il faut un outil séparé, centré spécifiquement sur le contenu pédagogique et la qualité des enseignements dispensés, avec un circuit formalisé de retour vers les formateurs et une trace de ce que cette évaluation a concrètement changé.
Le point qui distingue nettement cet indicateur des 32 autres : dans le tableau annexé au décret, il n'est coché que pour la colonne correspondant aux actions relevant de l'apprentissage. Un organisme qui ne réalise que de la formation continue, sans volet apprentissage, n'est tout simplement pas concerné par cet indicateur 33. C'est un renforcement ciblé sur les CFA, pas une refonte générale qui toucherait tous les organismes certifiés Qualiopi, une nuance que beaucoup d'articles publiés dans la précipitation risquent de gommer.
Qui est vraiment concerné, et qui ne l'est pas
Pour un organisme de formation continue classique, sans activité d'apprentissage, ce décret ne change rien à l'audit du quotidien. Les 32 indicateurs restent ceux qui structurent votre préparation, votre documentation et vos échanges avec votre certificateur, un sujet que nous détaillons dans notre checklist de préparation à l'audit Qualiopi.
La situation change pour les CFA au sens strict, et pour les organismes mixtes qui portent à la fois de la formation continue et de l'apprentissage sous la même certification. Ceux-là doivent, d'ici le 1er novembre 2026, construire ou adapter un dispositif d'évaluation spécifique aux enseignements, séparé de leur enquête de satisfaction habituelle. Le texte ne détaille pas la forme exacte de ce dispositif, ce qui laisse une marge d'interprétation, mais impose un résultat précis : des données exploitables, partagées avec les équipes pédagogiques, et une démarche d'amélioration continue dont l'efficacité est mesurée dans la durée, pas seulement déclarée sur le papier.
C'est ce type d'exigence de traçabilité qui met le plus souvent les organismes en difficulté sur les indicateurs d'amélioration continue déjà existants : les formateurs reçoivent bien les retours des apprenants, mais rien ne prouve qu'une action corrective a suivi, ni qu'elle a produit un effet. L'indicateur 33 formalise exactement cette attente, avec une focale resserrée sur le contenu pédagogique plutôt que sur l'organisation générale.
Le calendrier concret : que faire avant le 1er novembre
Trois mois séparent la publication du décret de son entrée en vigueur, ce qui laisse le temps de s'organiser sans précipitation, à condition de ne pas attendre la dernière semaine d'octobre. La bonne séquence pour un CFA ou un organisme mixte commence par vérifier la date de son prochain audit, qu'il soit initial, de surveillance ou de renouvellement. Un audit programmé avant le 1er novembre se déroule encore sur la base des 32 indicateurs actuels. Un audit programmé après cette date intègre déjà l'indicateur 33, et votre certificateur sera en droit de le vérifier.
Ensuite, il s'agit de construire concrètement l'outil d'évaluation demandé : un questionnaire ou un support distinct de l'enquête de satisfaction générale, centré sur le contenu et la qualité des enseignements, diffusé aux apprenants à un moment pertinent du parcours. Puis vient la partie souvent négligée, celle qui fait vraiment la différence lors d'un audit : documenter le circuit de restitution vers les équipes pédagogiques, et garder une trace écrite des ajustements réalisés suite à ces retours, avec une mesure de leur effet dans le temps, pas seulement une case cochée en interne.
Un dernier point mérite d'être vérifié dès maintenant auprès de votre certificateur : la façon dont il compte auditer ce nouvel indicateur lors de sa première application. Les certificateurs n'ont pas encore tous publié leurs grilles de lecture actualisées, et interroger le vôtre en amont évite les mauvaises surprises le jour de l'audit. C'est aussi l'occasion de vérifier que votre certificateur reste bien accrédité et à jour sur ce nouveau périmètre, un critère à intégrer à toute réflexion sur le choix de son certificateur Qualiopi.
Pour un CFA multi-sites, la difficulté supplémentaire tient à l'homogénéité du dispositif entre les différents établissements. Un questionnaire d'évaluation des enseignements bricolé site par site, avec des formats et des périodicités différents, complique la démonstration d'une démarche d'amélioration continue cohérente à l'échelle de l'organisme. Mieux vaut un outil unique, même simple, décliné identiquement sur tous les sites, qu'une addition de pratiques locales impossibles à synthétiser devant un auditeur. Le budget à prévoir reste modeste : un questionnaire numérique et un tableau de suivi des actions correctives suffisent dans la grande majorité des cas, l'enjeu est moins financier qu'organisationnel.
Où placer cette échéance dans votre calendrier d'audit
Le bon réflexe est de superposer ce calendrier réglementaire à votre propre cycle Qualiopi. Si votre prochain audit de surveillance ou de renouvellement tombe entre septembre et octobre 2026, vous passez encore sur les 32 indicateurs, mais il devient urgent de préparer le dispositif d'évaluation des enseignements pour l'audit suivant, dans deux ans. Si votre audit tombe à partir de novembre, il faut que le dispositif soit opérationnel et documenté avant le jour J, pas en cours de construction. Notre guide du renouvellement Qualiopi et notre article sur les audits de surveillance détaillent la mécanique de ces échéances, qui reste identique, seul le contenu à préparer évolue pour les organismes concernés par l'apprentissage.
Pourquoi ce décret ne doit pas être ignoré même si vous n'êtes pas CFA
Deux raisons justifient de suivre ce texte de près, même pour un organisme qui n'est pas directement concerné par l'indicateur 33 aujourd'hui. La première est stratégique : ce décret marque la première révision de fond du référentiel depuis 2019, ce qui signale que France compétences est prête à faire évoluer Qualiopi par petites touches ciblées plutôt que par grandes refontes espacées de plusieurs années. D'autres ajustements sectoriels, sur d'autres catégories d'action, ne sont pas à exclure dans les mois qui suivent.
La seconde raison est commerciale. Un organisme qui envisage de développer une offre d'apprentissage, ou de racheter un CFA dans une logique de croissance externe, doit désormais intégrer ce nouvel indicateur dans son analyse de faisabilité, au même titre que les autres exigences du référentiel. C'est un point à vérifier systématiquement lors d'un audit de conformité Qualiopi mené avant toute opération de rachat, un sujet qui rejoint les enjeux abordés dans notre article sur le rachat d'un organisme de formation en croissance externe, où la solidité de la certification pèse directement dans la valorisation de la cible.
Dans un secteur où le référentiel avait fini par être perçu comme figé depuis six ans, ce décret rappelle une règle simple : la veille réglementaire n'est jamais un exercice ponctuel avant un renouvellement, c'est une discipline continue, sous peine de découvrir une nouvelle exigence la veille d'un audit plutôt que trois mois à l'avance.
Reste une question que seuls les prochains mois trancheront : ce décret restera-t-il une évolution isolée, ciblée sur l'apprentissage, ou marque-t-il le début d'un cycle de révisions plus fréquentes du référentiel national qualité. Dans les deux cas, un organisme qui prend l'habitude de surveiller les publications du Journal officiel sur son secteur, plutôt que de s'en remettre uniquement aux relances de son certificateur, part avec une longueur d'avance sur ses concurrents.
Cet article rend compte d'un texte réglementaire et renvoie vers sa version publiée au Journal officiel, il ne vaut pas interprétation opposable à un certificateur. Sur la mise en conformité effective de votre dispositif, c'est votre organisme certificateur, et le guide de lecture qui accompagnera ce référentiel, qui font foi.
Un doute sur votre conformité au nouveau référentiel ou sur votre prochain audit ? Échangeons sur votre situation.
Questions fréquentes
Quand le référentiel Qualiopi à 33 indicateurs entre-t-il en vigueur ?+
Le décret n° 2026-728 du 1er août 2026, publié au Journal officiel le 4 août 2026, fixe l'entrée en vigueur au 1er novembre 2026. Entre la publication et cette date, les organismes disposent d'environ trois mois pour ajuster leurs process, mais le référentiel actuellement audité (32 indicateurs) reste applicable jusqu'à cette échéance.
Tous les organismes de formation sont-ils concernés par le nouvel indicateur 33 ?+
Non. L'indicateur 33 ne s'applique qu'aux prestations relevant de la catégorie apprentissage, au sens de l'article L6313-1 du Code du travail. Un organisme qui ne fait ni apprentissage ni CFA continue d'être audité sur les 32 indicateurs déjà connus, sans changement de fond. Ce sont les CFA, et les organismes qui portent à la fois des actions de formation continue et de l'apprentissage, qui doivent s'organiser d'ici le 1er novembre.
Faut-il prévoir un audit anticipé avant le 1er novembre 2026 à cause de ce décret ?+
Le texte ne prévoit aucune obligation d'audit exceptionnel. Comme lors des précédentes évolutions du référentiel, la nouvelle version s'applique simplement au prochain audit planifié, qu'il s'agisse d'un audit initial, de surveillance ou de renouvellement, dès lors qu'il a lieu à partir du 1er novembre 2026. Un organisme audité le 15 octobre 2026 reste évalué sur les 32 indicateurs, un organisme audité le 15 novembre bascule sur les 33.
Le contenu des 32 premiers indicateurs change-t-il avec ce décret ?+
Le décret remplace l'intégralité de l'annexe qui liste les indicateurs, mais sans renumérotation ni refonte de fond des 32 premiers : les sept critères et leur logique générale restent identiques à ceux qui structurent Qualiopi depuis 2019. Le changement porte sur l'ajout d'un indicateur supplémentaire, propre à l'apprentissage, pas sur une réécriture des indicateurs existants. Un OF qui maîtrise déjà son référentiel actuel n'a pas à tout réapprendre.
Comment un CFA doit-il se préparer concrètement au nouvel indicateur 33 ?+
L'indicateur 33 impose la mise en place d'un dispositif d'évaluation des contenus et des enseignements par les apprenants eux-mêmes, distinct de l'enquête de satisfaction générale déjà pratiquée. Les résultats doivent être partagés avec les équipes pédagogiques et déboucher sur une démarche d'amélioration continue dont l'efficacité est mesurée dans la durée. Concrètement, un CFA doit prévoir un questionnaire spécifique sur le contenu pédagogique lui-même (pas seulement sur l'accueil ou l'organisation), un circuit de restitution aux formateurs, et une trace écrite des actions correctives engagées.
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